Investigations méditatives

Ce texte raconte de façon légère et imagée mes premières expérimentations méditatives. Il est extrait de mon livre À la reconquête du bonheur perdu. Tu peux aussi découvrir d’autres extraits du livre, notamment la description amusée de ma retraite de méditation Vipassana.

Bonne lecture !


À l’intérieur, il y a l’effervescence perpétuelle des pensées. Elles tourbillonnent, elles remplissent tout l’espace. Il y a les sensations, les picotements dans les mains, la chaleur du soleil sur ma joue, une douleur dans le dos. Il y a aussi mon souffle, il rentre, il sort, indécis. Et il y a le cœur, imperturbable, qui envoie le rythme.

À l’extérieur, il y a les bruits. Il y a les chants des oiseaux, si purs. Il y a le murmure du vent à travers les végétaux, si délicat. Au loin, quelques voix qui bourdonnent, des rires d’enfants. Il y a la vibration étouffée des voitures qui roulent sur les quais. Ah, il y a aussi des insectes bien sûr, de tout petits crissements. Tiens, et même des sifflements aigües, de légers acouphènes.

J’essaie d’englober toutes ces perceptions, en pleine conscience. Internes, externes, d’un seul tenant. Les végétaux frémissent, une légère brise s’approche, puis me caresse. Les sensations sont douces, agréables. Oh, que les mouvements de l’air sont complexes ! Des turbulences sur le bras droit, un flux constant sur le visage, un frottement lent sur la main gauche, rapide sur la main droite. Le parfum d’une fleur se manifeste un instant, des frissons s’écoulent le long de mon dos. Une sensation de présence, un passant discret ? Les ombres des feuillages s’animent sur mes paupières. Tant de choses qui m’entourent constamment ! Tant de détails qui m’échappent habituellement !

Je me visualise, assis sur ce banc, les yeux fermés. Je suis là, immobile, dissimulé derrière mes lunettes de soleil. Je prends un peu de recul. Je suis englobé des flux d’air, une touffe de bambous se balance, un oiseau gazouille. Je prends un peu de recul. Les jardins sont parcourus de chemins sinueux, des passants déambulent tranquillement, le mouvement des nuages s’imprime sur le sol. Je prends un peu de recul. Le musée du quai Branly s’étend à côté de moi, sur le quai un camion passe, dans les rues une multitude de petits piétons s’agite. Je prends un peu de recul. Paris, les rues, les immeubles, les piétons, les voitures, les bruits, les flux. Je prends du recul, petit à petit, Paris rétrécit. La France, l’Europe, la mer et l’océan, les continents, la planète.

Bleue, rayonnante, paisible, elle tourne. Je suis là, immobile. Tout est là, autour de moi, à tout moment. Si vivant, si mouvant.

Merci, très chers bambous, petits oiseaux ! Merci pour votre guidage dans ces premières investigations méditatives !

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Page de présentation du livre
PDF
12 illustrations
170 pages (28000+ mots)
A5 (14.8 x 21 cm)

Ah, quel malheur ! Je suis si sensible, si vulnérable ! Mais que puis-je faire d’un corps si réactif ? Où est donc passé le mode d’emploi ? Être sensible, cela peut faire souffrir, n’est-ce pas ?

Pourtant, la sensibilité ne serait-elle pas, du même coup, un puissant outil d’évolution ? Un catalyseur de l’ouverture de conscience ? Une porte inattendue vers la vie spirituelle !

Alors, comment faire pour apprivoiser cette sensibilité ? Parviendrai-je un jour à reconquérir le bonheur perdu ? Et peut-être, même, à m’approcher de l’absolu ?


Article publié pour la pemière fois le 15 juin 2013.

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